Interview avec… Etienne Chamot, capitaine de la Une

Etienne Chamot, tu es capitaine de la Une depuis de nombreuses années. Racontes nous un peu ta carrière de footballeur ?

J’ai commencé en juniors F en 1987 ou 1988… Les 2/3 des joueurs de la Une et de la Deux d’aujourd’hui n’étaient pas encore nés… A partir des C j’ai joué au Groupement juniors de Mézières, Savigny et de l’AS et ce, jusqu’à mon premier match en 3e ligue avec la Une en 1998 à 17 ans. Après une première relégation en 2000, Pascal Panchaud, notre coach actuel, est venu me chercher pour jouer au FC Promasens-Rue en 3e ligue fribourgeoise. J’ai fait une saison et demie avant de revenir à l’AS. Sinon j’ai entraîné quelques années les juniors E et D du club. Des gars qui jouent avec moi aujourd’hui…

 

Tu as pratiquement toujours été fidèle à l’AS, que représente ce club pour toi et qu’est ce qui t’as fait rester malgré les années difficiles en 4e ligue ?

L’obstination sans aucun doute…  Le club n’a pas connu que des années fastes ; pendant un temps nous n’étions que 4-5 aux entraînements, il nous est même arrivé de se déplacer à 10 à un match avec l’entraîneur dans les buts… Parfois, j’aurai souhaité quitter le navire comme beaucoup l’avaient fait à pareille époque, mais ce club je l’ai depuis toujours dans la peau. Il m’a offert la possibilité de m’épanouir sur un terrain depuis tout petit et sur le plan humain il m’a permis de nouer tant d’amitiés. Les cadres de l’époque m’avaient pris sous leurs ailes dès mes débuts en actif, certains souvenirs resteront à jamais gravés en moi (en dehors du terrain également 😉 ). C’est aussi pour ces raisons que je suis resté fidèle à l’AS, malgré certaines opportunités qui m’avaient été offertes. Aujourd’hui le club se porte bien et je ne serai jamais assez reconnaissant envers toutes les personnes qui y ont toujours cru et qui ont consacré du temps, souvent dans l’ombre et sans compter, durant toutes ces années.

 

Regrettes-tu de n’avoir jamais tenté ta chance ailleurs, en 2e ligue ?

Des regrets non. Par contre, il m’arrive de me demander quel aurait été mon parcours si j’avais accepté certaines propositions dans mes jeunes années.

 

Quels ont été tes meilleurs souvenirs footballistiques ?

Une victoire à l’arrachée 3-4 avec Promasens sur le terrain du FC Charmey ou j’avais planté un hat-trick. A la fin de cette même saison on recevait le FC Attalens, match synonyme de maintien pour les deux équipes. Celle qui perdait était quasiment condamnée. Il y’avait du monde, c’était tendu au possible, je n’arrivai pas à me libérer, j’étais mauvais, écrasé par l’enjeu, j’avais même demandé à sortir. Pourtant en fin de match, j’ai hérité du ballon à mi-terrain, débordement, petit-pont, grand-pont, extérieur du droit dans la lucarne opposée… 1-0 score final. Pas compris ce qu’il s’était passé, pas pu fermer l’œil de la nuit, j’en ai même chialé, c’était beau.

Je me souviens d’un match à couteaux tirés à Donneloye où l’on avait gagné 3-2, l’année de la remontée en 3ème ligue sur le tapis vert. Nous avions retourné la buvette ce soir-là, c’était grandiose. Certains se demandent encore comment ils sont rentrés à la maison… (ou à la Blécherette… 😉 )…

Bien évidemment, il y’a eu cette promotion en juin dernier qui restera à jamais dans mon esprit.  P*** je l’attendais, inoubliable, une concrétisation ! La meilleure manière de récompenser tous ceux qui se sont investis pour ce club.

Il y’a sans aucun doute les dimanches de choucroute, devant autant de monde et dans mon « jardin d’enfant», ce sont des moments privilégiés.

 

Et les moments les plus difficiles ?

Outre les années galères évoquées ci-dessus, il y’a ma blessure au genou qui m’handicape depuis 2004.

Parlons un peu du présent, en tant que capitaine que penses-tu de la Une et quels sont tes objectifs pour cette saison ?

Il y’a un bel amalgame entre jeunes et anciens…  On a un noyau de gars fantastiques qui tirent l’équipe en avant. Ces gars font du bien sur le terrain mais se dévouent aussi en dehors, c’est eux l’avenir. Je pense qu’ils en sont conscients et j’espère vraiment qu’ils resteront au club.

Concernant cette saison ; aujourd’hui on gagne des matchs, tout est donc plus facile. Mais si la tendance venait à s’inverser j’aimerai qu’on garde un esprit positif et solidaire quelles que soient les circonstances.

On arrive bientôt à mi-saison et si je dois faire un constat je dirai que notre groupe est  homogène et relevé, il n’y’a pas de mauvaises équipes. Tout le monde peut se bouffer des points et chaque équipe peut se retrouver très vite en haut comme en bas. Mais il ne fait aucun doute qu’on a notre place en 3ème ligue et qu’on doit, sans prétention, viser comme objectif, la première moitié du tableau.

Je tiens également à féliciter la Deux qui fait un bon championnat. La synergie Une-Deux est très importante pour un club et j’espère qu’on continuera à avancer ensemble. Cette équipe mériterait de se fixer un objectif ambitieux à court terme, car ils en ont le potentiel.

 

Dimanche prochain se profil une rencontre particulière pour tout le monde mais spécialement pour toi : le match de la choucroute. Parles nous un peu de ce rendez-vous ?

C’est un match qui réunit les supporters les plus mordus et ceux qui viennent pour partager un moment d’amitiés avant tout. C’est un rendez-vous familial ou se réunissent toutes les générations. J’adore ces instants privilégiés de partage entre amis que nous procure cette journée. Ce match représente donc beaucoup pour tous et d’un point de vue plus personnel, c’est sur ce terrain que j’ai fait mes débuts, c’est mon village, c’est chez moi, mes proches sont là…  Ce jour-là, on donne tout, pas besoin de beaux discours motivateurs d’avant match. Je ne l’espère pas, mais ça risque d’être mon dernier match ici à Palézieux. En tout cas dans l’esprit je vais le jouer comme si ça l’était, même sur une jambe s’il le faut.

Et y’a pas à dire ; la choucroute est encore meilleure après une victoire et on regrette moins le mal de caillou au job le lundi …

 

A plus long terme, quels sont tes projets footballistiques ?

C’est mon genou qui conditionne mes ambitions sur le terrain et je dois avouer que ça ne vas pas en s’arrangeant. Je dois gentiment me résoudre à tourner la page alors que j’ai la même envie qu’à 20 ans et qu’à part ça, physiquement je me sens bien. C’est frustrant mais c’est comme ça.

Je lance un appel du pied… A terme (court ?), je souhaiterai créer une équipe de Senior avec les anciens de la région. Ça serait fantastique d’en retrouver certains avec qui j’ai joué. Même avec quelques kg en trop, des cheveux en moins mais le talent intact, je suis convaincu qu’on peut s’éclater, et ça n’est pas notre cantinier qui s’y opposerait…

 

Pour finir, as-tu un message pour nos lecteurs ?

J’ai assez parlé, je remercie tous les lecteurs et je vous donne rendez-vous :

–       Dimanche 4 novembre au Collège à Palézieux dès 10h suivi de la choucroute

–       Vendredi 1er mars dès 19h repas de soutien de l’AS Haute-Broye

Vive l’AS